dimanche 27 mai 2012

BOB DYLAN, L’EXPLOSION ROCK 61-66

A voir et à écouter, l’exposition Bob Dylan, l’explosion Rock 61-66
Du 6 mars au 15 juillet 2012, à la cité de la Musique.


Cette exposition retrace les débuts de Dylan, plus particulièrement les années entre 1961 et 1966, ou comment  Dylan est devenu une légende, du chanteur folk new yorkais à la rock star internationale.

L’exposition s’ouvre sur les années 50, l’adolescence de Robert Zimmerman, dans une famille juive du Minnesota, illustrée par des affaires personnelles comme des photos de classe et de famille. C’est l’époque de Buddy Holly et d’Elvis Presley, dont une guitare est présentée en vitrine. On se croirait presque dans un Hollywood café…

Durant ses études, il découvre la musique folk et est largement influencé par le chanteur-poète contestataire Woody Guthrie, qu’il rencontrera d’ailleurs après son arrivée à New York.

New York, donc, où Robert Zimmerman, devenu Bob Dylan, débarque en 1961. Afin de se faire connaître, il se produit dans les clubs et cafés, qui pullulent à Greenwich Village. C’est à la suite d’un de ces concerts, que le journaliste Robert Shelton du New York Times rédige un article plus qu’enthousiaste à propos du chanteur. Ensuite, grâce à cet article, tout va très vite. Dylan enregistre un premier album de reprises de chansons traditionnelles américaines.

Ces années sont celles du revival du folk des années 30 et 40. A cette époque, la musique folk avait une large connotation politique, bien souvent en lien avec les nouvelles doctrines du socialisme. Dans les années 60, elle permet encore de véhiculer des messages ou à soutenir des causes. Elle est largement associée aux mouvements des droits civiques et à la lutte contre la guerre au Vietnam. D’ailleurs lors du fameux discours de Martin Luther King en août 63 devant le Lincoln Memorial à Washington, Dylan est l’un des chanteurs invités à jouer sur scène.

Les photos de Daniel Kramer rythment l’exposition. Le jeune Dylan y est charismatique. Et on comprend mieux que beaucoup ait voulu lui faire porter le costume  d’icône de la « protest song », même si celui-ci a toujours refusé d’être un prophète.



A l’été 1965, au festival Newport Folk, Dylan créé volontairement un choc, en saturant sa musique de sons électriques. Malgré quelques sifflets de fans pris au dépourvu, le folk rock est né et influencera indéniablement de nombreux musiciens, des Beatles à Simon and Garfunkel.


Newport 1964


Newport 1965


La première partie de l’exposition s’achève sur les notes de « Like a Rolling Stone », grand classique mais atypique dans l’univers musical de l’époque.



Au sous-sol de la Cité de la musique, la seconde partie de l'exposition est plus anecdotique. Elle est consacrée aux liens qui ont pu se nouer entre Dylan et certains artistes français. 
Le plus inspiré d’entre eux est Hugues Aufray qui accueillera Bob Dylan à Paris en 1966. D’autres artistes, comme Aufray, ont repris, avec plus ou moins de succès, des titres de Dylan, en anglais ou en Français. C’est le cas de Johnny ou Marie Laforêt. Cette dernière reprendra Blowin’ in the wind ou D’être à vous (I want you).





Anecdote rigolote, illustrée par quelques photos au cours de l’exposition, est celle de la rencontre entre Dylan et Françoise Hardy. Dylan, en concert à l’Olympia, aurait refusé de monter sur scène si la Française ne lui était pas présentée.



Hardy, qui n’a pas l’air très ravie sur la photo, raconte : « Il m'a joué deux chansons : "I Want You" et "Just Like a Woman". La pensée qu'il me délivrait peut-être un message via ces chansons ne m'effleura pas… On ne s'est jamais revus. »


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