Une jolie expo de ce photographe brésilien jusqu’au 5 janvier 2014, pour
nous sensibiliser sur la fragilité de notre planète.
Parmi toutes ces photos en noir et blanc, j’ai été plus touchée par les
deux ou trois sur le parc du Simien en Ethiopie que j’avais visité l’année
dernière.
C’est joli, mais cela ne vaut pas le coup de faire 3 heures de queue un
week-end pour bouchonner devant les œuvres. Est-ce que cela vaut le coup de
prendre un RTT ?
Quand
certains ont la tour Eiffel, Big Ben ou le Manneken-Pis, les Norvégiens ont
eux, Munch !
J’ai pu
avoir un apercu de cet héritage norvégien à Bergen, au musée de Kode, qui
réunit une des plus grandes collections des oeuvres de Munch, en dehors d’Oslo.
Et on la doit à Rasmus Meyer.
A part le
cri, dont le musée a plusieurs versions, je ne connaissais pas très bien ce
peintre. Alors que les oeuvres ne respirent pas la joie de vivre, j’ai été
surprise de lire que le peintre avait été influencé par le vitalisme (après un
séjour en clinique…).
En effet,
la carrière de Munch, jalonnée par les dépressions, est d’abord marquée par un
expressionnisme plutôt austère. Mais l’artiste évolue vers une forme plus
optimiste de l’existence, le vitalisme donc. Les vibrations colorées et les
coups de pinceaux vifs traduisent une énergie mentale intense, mais qui ne conduit
pas automatiquement à un sentiment de destruction, mais plutôt à une
renaissance spirituelle.
Bon ce
n’est pas forcément evident dans les lithos ci-dessous.
La Renaissance a conféré aux
songes une importance extraordinaire. Grâce au rêve, l’homme s’évade des
contraintes de son corps et peut entrer en relation avec les puissances de l’Au-delà.
L’exposition explore donc la thématique
du rêve à la Renaissance selon deux axes : d’abord l'évocation du dormeur,
puis, plus difficile, la représentation du rêve lui-même.
Quelques œuvres exposées jusqu’au 26 janvier
2014
Veronese, la
vision de sainte Hélène,1575-78
Carracci, le
songe de saint Catherine d’Alexandrie, 1600-01
Après avoir lu un article paru dans les
Inrocks, c’est avec une certaine curiosité que je me rends à la rétrospective
consacrée à Pierre Huyghe à Beaubourg, officiellement histoire de dégourdir un
peu mes jambes tout en soignant ma culture « art contemporain »,
officieusement histoire de me la péter devant les autres genre « j’ai été
voir cette expo, car à la base j’adore ce type (que je connaissais pas il y a
15 jours), son travail me parle, m’émeut, je pourrais y rester des heures (j’ai
dû y rester tout au plus 30 mn avec 10 mn d’envoi de SMS « tu fais
quoi », « je suis dispo dans 10 mn », « je suis à un expo
démente ») ». Point positif en arrivant : zéro queue, j’ai
l’impression que l’expo m’a été réservée, il ne manque plus que le panneau
« Dimanche 6 octobre, 14h, Session privée Pauline Raul, réouverture au
public à 16h » (ils ont pu rouvrir à 14h30). Impression renforcée à
l’entrée quand le jeune GO (Gentil Ouvreur) me demande mon prénom et se met à hurler
comme un putois : « Pauliiinnne »… je me sens pousser des ailes
(et piquer un fard), même Patrick Bruel peut aller se rhabiller. Première
déception : mes oreilles et mes yeux perçoivent vite que – un – je ne suis
pas seule dans l’expo, quelques VIP japonais et parisiens étant également de la
partie – deux- le GO n’est pas un de mes (nombreux) fans mais est payé pour
crier le prénom de chaque visiteur (j’espère également qu’on lui rembourse la cure
de Strepsil qu’il doit sans doute faire le soir). Après réflexion, j’hésite à
ressortir pour faire semblant d’aller aux toilettes et y retourner en disant au
GO que je m’appelle « Salope » ou «Bandetouristalacon », prénoms
très répandus en Bulgarie.
Trêve de plaisanterie, j’entre dans la
première salle. Première erreur de ma part, j’ai pris le dépliant en Anglais,
je ne suis pas anglophabète (très fière de ce néologisme), j’arrive à
comprendre ce qu’il y a marqué dessus, c'est-à-dire pas grand-chose et c’est
bien dommage car les œuvres ne sont accompagnées d’aucune explication, à
l’exception de leur nom et de leur date. Je veux bien que les objets qui vont
défiler sous mes yeux soient avant tout soumis à ma propre interprétation (et
là je me dis qu’il faudrait que moi ou l’artiste fasse un tour à la
Salpêtrière), que je dois me les approprier mais quand même… Pierrot, tu es
encore en pleine force de l’âge, tu aurais pu faire un effort.
Bref, mes premiers pas se font hésitants, non
pas parce que je me suis descendue trois pintes pour me donner du courage mais
parce que je me retrouve nez à nez avec « une nature vivante » au
sens propre… Je manque ainsi de me prendre sur la tête plusieurs litres d’eau
s’écoulant du plafond, m’obligeant à raser le mur en espérant que la flotte
n’atteigne pas mes chaussures en cuir toute neuves que je n’ai pas
imperméabilisées. Après avoir vaincu les mini chutes du Niagara, je plonge tout
droit dans… « Trente millions d’amis » (ça y est vous avez tous la
chanson du générique en tête, vous me détestez) devant faire face à ce qui
semble être un chien. A première vue, je me dis que l’empaillement est vraiment
bien fait et que le chien a dû mourir de famine car il est maigrissime, on voit
parfaitement le dessin de ses côtes, il est extrêmement pâle (traduction :
ses poils sont blancs) sauf une de ses pattes, teinte en rose (la touche de
l’artiste ou le chien appartenait à Roselyne Bachelot), et là je m’aperçois que
les côtes en question bougent… le cleps respire encore, appelez les
pompiers ! Le Rantanplan albinos et anorexique se met alors à faire
quelques pas de côté, façon petit rat de l’Opéra de Paris, très élégant, mais
je dois avouer que, passée la surprise, il me fait plus pitié qu’autre chose,
il y a fort à parier que les défenseurs des droits des animaux vont y mettre
leur (gros) grain de sable, si ce n’est déjà fait. Je crois d’ailleurs avoir
aperçu Brigitte Bardot entamer une grève de la faim devant le centre Pompidou,
ce qui ne servira à rien : d’ici le 6 janvier, date de fin de l’expo, elle
aura à peine entamé ses réserves (oh je sais, je suis méchante).
A côté du chien, je découvre une autre œuvre,
un homme l’air déprimé assis en train de lire un livre, en position du Penseur
de Rodin, une balafre sur le visage façon Frankenstein ou Franck Ribéry. Je ne
le vois malheureusement pas sur le dépliant, première hypothèse : il
s’agit d’un touriste qui s’est auto-érigé en œuvre d’art. Seconde hypothèse,
plus plausible, cela fait 15 jours qu’il se fait chi.. à surveiller que le
chien n’ait pas des envies de fuite (dans tous les sens du terme…) ou qu’un
touriste chinois ne se barre pas avec pour se faire un petit apéro avant le
canard laqué. J’hésite à lui demander son nom et sa date de création mais ne le
fais pas au risque de m’en pendre une bonne.
La salle « nature vivante » n’en a
pas fini avec ses surprises puisque derrière Rantanplan et Francky j’entends
des Bzzz Bzzz, Bzzz, non ce n’est pas un téléphone avec la sonnerie de Maya
l’abeille mais bien… un essaim de milliers de Maya recouvrant la tête d’un
homme (une statue je précise… enfin j’espère). Je déconseille donc cette salle
pour ceux qui ont la phobie de ces insectes ou qui en sont allergiques ;
même si l’essaim est assez éloigné, on ne sait jamais, au bout d’un moment y’en
a peut-être une, en pleine rébellion, qui voudra changer de tête…
Au moins, Pierre Huyghe a réussi son coup, ce
premier espace ne laisse pas de marbre, ça change de la classique nature morte,
avec ses fruits et ses fleurs gentiment disposés dans des vases ou des paniers.
Malheureusement la suite s’avère moins
interpellante, un peu sans queue ni tête, même si non dénuée d’intérêt. Des
photos et films jalonnent l’exposition, on y découvre aussi une patinoire noire,
divers aquariums où se côtoient végétaux, araignées de mer et Bernard-l’hermite
(qui représentait son frère, Thierry, retenu sur un tournage… ok je vais me
coucher).
Je ne vais pas tout vous dévoiler (et je dois
avouer que je n’ai pas prêté attention à tout), les amoureux de l’artiste y
trouveront sans doute leur compte, d’autres, comme moi, resteront plus
perplexes ou avec un léger sentiment de frustration, le désir, ou plutôt la
curiosité, d’en savoir plus sur les dessous de ces œuvres (et de Francky,
surtout).
Vagabondages, à la fondation Henri Cartier-Bresson (jusqu’au 22
décembre)
Je ne vous raconterai pas la raison pour laquelle j’ai
atterri à cette expo. Mais tout compte fait, ce fut plutôt un heureux hasard.
L’exposition se concentre essentiellement
sur les œuvres des années 1950-1960 de cet énigmatique photographe chilien
(1931-2012).
Engagé par Henri Cartier-Bresson, il publie
de nombreux photoreportages pour l’agence Magnum, qui l’amènent à voyager
partout dans le monde. Mais, les exigences de ce type de journalisme ne lui
convenant pas, il décide finalement de rentrer au Chili, où il choisit de vivre
tel un ascète, presque mystique.
Que ce soit à ces débuts, lors de ces
reportages pour Magnum, ou après s’être retiré au Chili, son principal sujet d’intérêt
reste les enfants des rues, dont les clichés montrent son envie illusoire de
changer les choses.
« Je crois que la pression du monde journalistique – être
prêt à sauter sur n’importe quel sujet – détruit mon amour et ma concentration
pour le travail »
« Une bonne photographie vient d'un état de grâce. La grâce
vient lorsqu'on est libéré des conventions, des obligations, de la compétition
: être libre comme un enfant dans ses premières découvertes de la réalité. »
Cette année, Rudolf Noureev aurait fêté ses 75 ans. A cette
occasion, la Fondation Noureev proposait un gala de danse « Noureev &
Friends », qui s’est joué le 31 mai et le 1 juin au Palais des Congrès de
Paris.
Plusieurs danseurs étoile, issus des plus grandes compagnies
de ballet (dont Aurélie Dupont et Mathias Heymann de l’Opéra de Paris) ont
contribué à ce spectacle et ont présenté des pas-de-deux et variations du
répertoire de Noureev, entrecoupés d’images d’archives sur la vie de Noureev et
de témoignages vidéo de personnalités ayant eu la chance de travailler avec lui.
Parmi les onze chorégraphies proposées, trois m’ont
particulièrement marquées :
Petite Mort du
chorégraphe Jirí Kylián, par les danseurs du Ballet de l’Opéra de Bordeaux sur
la musique de Mozart.
Manon (Pas de Deux de
la Chambre), du chorégraphe Sir Kenneth MacMillan, par deux étoiles de
l’English Nation Ballet et the Royal Ballet de Londres
Kenneth MacMillan, qui fut le directeur du Royal Ballet de
Londres, créa ce ballet en 1974. En 1965, il avait déjà remanié Roméo et
Juliette, Noureev s’était illustré lors de la première dans le rôle titre.
Manfred, de
Noureev par l’Etoile Mathias Heymann du ballet de l’Opéra national de Paris,
sur la musique de Tchaïkovski
La plupart des chorégraphies de Noureev sont des modernisations
des chorégraphies de Marius Petipa (comme La Bayadère, Raymonda, le Lac des
Cygnes ou La Belle au Bois Dormant. Ce n’est pasle cas pour le ballet Manfred,
créé en 1979 et remonté en 1986.
Bien sûr, ces extraits vidéo ne sont pas ceux du gala de ce
week-end hommage.
Découvrez l’univers complètement déglingué « Winshluss, un monde merveilleux »,
au Musée des Arts Décoratifs, jusqu’au 10 novembre 2013.
En réinterprétant les contes et les dessins animés de notre
enfance, l’artiste, également dessinateur de BD, sculpteur, plasticien et même
réalisateur, dénonce, à travers ces rites de passage entre le monde de l’enfance
à l’âge adulte, la société de consommation, avec sarcasme et humour.
Profitez-en également pour visiter l’expo « Trompe l’œil » !