Allez, que je vous présente mon peintre
préféré, depuis longtemps, avant même que je choisisse d’étudier l’histoire de
l’art à la fac : Léon Spilliaert.
Il est assez peu connu, très peu
exposé. D’ailleurs, à part deux œuvres assez anecdotiques sur les cimaises de
la nouvelle scénographie du musée d’Orsay, je n’ai jamais vu aucune de ces
œuvres en vrai.
Spilliaert naquit et vécu à Ostende (1881
– 1946), comme son aîné plus populaire Ensor. Il travaille essentiellement au
crayon de couleurs, à l’aquarelle, à l’encre,au pastel, à la gouache, mais très
peu, voir jamais à l’huile.
Ses œuvres sont influencées par Munch,
Knopff et Degouve de Nuncques ; il fréquente le milieu littéraire du symbolisme
belge, Hellens, Verhaeren, Maeterlink.
Non, il ne faut pas être déprimé lorsque
l’on s’attarde sur ses images. Mais néanmoins, c’est cet aspect mélancolique,
empreint de tristesse, presque cauchemardesque (cf. ces autoportraits), qui m’a
tout de suite marqué.
La plupart de ses œuvres se caractérise
par de larges espaces vides, de grandes étendues de mer ou de plage, une large
palette de gris, très peu de couleurs. Dans ces clair-obscur, les figures
humaines sont rares, minuscules, ou de dos. On ressent beaucoup de solitude,
celle qu’il a du éprouver lors de ses errances nocturnes dans la cité balnéaire
déserte d’Ostende.
Qui m’emmène à Ostende et Bruxelles, où
sont exposées la majorité de ses œuvres ?
Vertige,
1908, 637x476 mm, Musée d’Ostende
Sans aucun
doute, l’œuvre la plus célèbre. L’angoisse qui émane de cet escalier sans fin,
nous renvoie aux films d’Hitchcock.
J’ai très longtemps rêvé d’aller en
Ethiopie, sur les traces d’Arthur Rimbaud. J’ai eu cette chance en février 2012
(bien que je ne sois pas du tout allée dans la région qu’il avait visitée…). Quoi
qu’il soit, c’est un pays magnifique. Je vous laisse découvrir mes photos de voyage.
Bahar Dar
Ville plaisante, au bord du lac Tana, sur
lequel naviguent encore les « tankwas », bateaux provisoires faits en
papyrus, et destinés au transport de marchandise.
Après une belle traversée, nous débarquons
sur la presqu’île de Zeghe. Après une petite balade dans la végétation
luxuriante, de caféiers notamment, nous visitons l’église d’Urakidanemereth du
XVIème siècle et ses peintures des XVIIIème et XIXème siècles, puis BeteMaryam.
A quelques kilomètres de Bahar Dar, le
village de TisIssat (l’eau qui fume) porte bien son nom. Il voisine les chutes
d’eau parmi les plus grandes au monde. Enfin, juste après la saison des pluies.
Lors de notre voyage, elles étaient à sec. Et oui, il s’agit du Nil… le vieux
port portugais, bâti en 1619-1620, frontière entre le Godjam et le Gondar, a
beaucoup de charme
Gondar
Le roi Fasilidas y établie sa capitale en
1635 et Gondar resta la capitale de l’Ethiopie pendant plus de deux siècles.
Son château et ceux de ses successeurs
sont regroupés dans un joli parc. Malheureusement, ce ne sont que des coquilles
vides, et on imagine mal le faste de cette époque. L’histoire de ces palais,
entre patricides, concubines, empoisonnement, est assez complexe.
Un peu plus loin, nous visitons les bains
de Fasilidas, lieu de cérémonies du Timkat (Epiphanie) de Gondar. A l’occasion,
la « piscine » du roi est encore actuellement remplie.
Puis, nous pouvons admirer les fameux
anges de Gondar, dans l’église de DebreBerhanSelassié. Les peintures datent de
1800 environ.
Lalibela
Capitale de la dynastie des Zagwe, du Xème
siècle au milieu du XIIIème. C’est le roi Lalibela, au XIIème siècle, qui
aurait fait ériger ces douze églises, creusées et taillées à même le roc.Selon une théorie controversée, cela devait
permettre aux pèlerins éthiopiens d’avoir un lieu de pèlerinage remplaçant
Jérusalem, prise par Saladin en 1187.
Selon un récit légendaire, ce roi, dont le
nom signifie « l'abeille reconnaît son pouvoir », naquit à Roha. Dieu
lui ordonna de construire 10 églises monolithiques et lui donna des
instructions détaillées quant à leur architecture et à leur couleur. Leur
construction aurait été extrêmement rapide, ce qu'explique, selon la légende,
le fait que des anges aient rejoint les travailleurs, jour et nuit, faisant
ainsi le double du travail que les hommes avaient fait de jour.
Les églises n’ont pas été édifiées de
manière traditionnelle, mais creusées dans la roche en blocs monolithiques.
Dans ces blocs, on a ensuite dégagé des portes, des fenêtres, des colonnes,
différents étages, des toits, ... Ce travail de titan a ensuite été complété
par un vaste système de fossés de drainage, de tranchées et de passages pour
les processions avec, parfois, des ouvertures vers des grottes d’ermites ou des
catacombes.
Après une longue route cahoteuse, nous
visitons l’église Yemrehannekristos, dans une vaste grotte.
Axum
On devrait commencer son voyage en
Ethiopie par Axum, qui fut le berceau de la civilisation éthiopienne et où le
christianisme apparut au IVème siècle. Si cette ville paisible conserve
quelques monuments anciens, on a du mal à imaginer sa splendeur passée.
En effet, dès le IIe millénaire, et
jusqu'au IVe siècle de notre ère, l'Éthiopie est demeurée une zone
d'immigration. Les nouveaux arrivants provenaient pour la plupart d'une région
de l'ouest du Yémen, associée à la culture sabéenne : les conditions
d'existence dans leurs contrées d'origine étaient probablement si dures que
leur seul moyen d'y échapper était de prendre la route directe qui menait de la
mer Rouge à l'Érythrée. Dans le courant du IVe siècle, Axoum était déjà à
l'apogée de son développement territorial, et son royaume englobait la plus
grande partie du Yémen du Sud.
La ville d'Axoum est née plusieurs siècles
avant la naissance du Christ, comme capitale d'un État qui commerçait avec la
Grèce, l'Égypte et l'Asie. Avec sa flotte atteignant Ceylan, Axoum devint plus
tard le principal pouvoir entre l'Empire romain et la Perse et contrôla un
temps différentes parties de l'Arabie du Sud.
A ne pas louper :
-le palais de la reine de Saba
Les plus anciens témoignages suggèrent que
c'est d'Axoum que Makeda, la mythique reine de Saba, partit pour visiter le roi
Salomon à Jérusalem. Un fils naquit de leur union : Ménélik Ier,
élevé en Éthiopie, fit le voyage de Jérusalem dans sa jeunesse et y demeura
plusieurs années avant de revenir dans son pays avec l'arche d'alliance. Cette
arche, selon les croyances égyptiennes, est demeurée à Axoum depuis cette
date ; elle est conservée dans une annexe de l'église Sainte-Marie-de-Sion.
Il s’agirait ici des ruines du palais de
la reine de Saba.
-la pierre d’Ezana
Nombre d'édifices d'Axoum remontent aux
périodes préchrétienne et chrétienne. Parmi eux, une série d'inscriptions sur
tablettes de pierre présentent une importance considérable pour les historiens
du monde antique : ce texte trilingue en grec, sabéen (la langue du sud de
l'Arabie) et ge'ez (l'éthiopien classique), commandité par le roi Ezana au
IVe siècle apr. J.-C a permis au linguistes de déchiffrer le ge’ez.
-les tombes des rois Khaleb et GebreMaskel
Située sur un promontoire surplombant la
vallée où s’étendait l’ancienne cité, la nécropole de ces rois axoumites date
du VIe siècle. Ces chambres funéraires, auxquelles mène un escalier, étaient
sans doute surmontées jadis d’un édifice pyramidal recouvert d’un tumulus.
La tombe du roi Khaleb est composée de
blocs irréguliers assemblés avec la précision d’un puzzle et de trois
salles.Celle de GebreMaskel, son fils, se compose de cinq chambres funéraires
bâties d’un appareil plus régulier sur lequel sont gravés des éléphants et
plusieurs croix. Bien que la tombe contienne encore des sarcophages de style
byzantin, il semble que GebreMaskel n’ait pas été enterré ici mais dans le
monastère de Pantalewon, situé à quelques kilomètres de là, où il se retira à
la fin de sa vie.
Selon une légende, un tunnel de plus de
180 km relierait ce sanctuaire à l’Erythrée.
-le champ des stèles
Le principal attrait touristiqueet archéologique d’Axum est le parc d’obélisques
et de stèles dont certaines remontent à trois millénaires. L'obélisque principal,
haut de 23 m, présente un beau décor gravé figurant un édifice de neuf
étages, sur le modèle des maisons-tours du sud de l'Arabie. On peut également
pénétrer dans certains des tombeaux situés sous les stèles.
Les églises du Tigray
Première région christianisée d’Ethiopie,
le Tigray abrite les plus anciennes églises, construites ou taillées dans le
roc. Mais, contrairement à Lalibela, elles sont beaucoup plus difficiles
d’accès. En effet, il faut partir à leur « conquête », et on les
apprécie vraiment après plusieurs heures de marches, des corniches
vertigineuses et quelques passages très à-pic.Mais cela en vaut la peine, les églises sont charmantes et surtout la
vue sur le massif de Geralta et la plaine est magnifique. Notre plus beau
souvenir avec le trek dans le parc du Simien.
Nous avons grimpé jusque les églises de
AbunaYemataGuh, DebreMaryamKorkor et Daniel.
Le parc du Simien
L’Ethiopie, c’est aussi, un peu de sport
et surtout des paysages magnifiques.
Le parc national du Simien, situé dans le
nord de l’Éthiopie, est un paysage spectaculaire, où l’érosion massive survenue
au cours de millions d’années a formé des pics accidentés, de profondes vallées
et des précipices atteignant jusqu’à 1500 m de profondeur. Le parc est d’une
importance mondiale pour la conservation de la biodiversité car il est le
refuge d’espèces menacées, notamment Walia ibex, une chèvre des montagnes que
l’on ne trouve nulle part ailleurs, le babouin gelada et le loup d’Éthiopie. Et
on a eu la chance de voir les trois !!
Merci à Claude pour l’organisation du
voyage et les textes.