Cet
automne, Paris se la joue vénitienne avec deux expositions sur Canaletto (1697
– 1768), le peintre de Venise.
L’une au
Musée Maillol, l’autre au musée Jacquemart-André. J’ai commencé par celle
proposée par le musée Maillol.
En toute
modestie, ce n’était pas une grande découverte pour moi. Canaletto ayant
beaucoup produit (il était d’ailleurs submergé par les commandes) et étant
présent dans pratiquement tous les musées, vous êtes déjà forcément tombés sur
un des ses tableaux représentant Venise. Toutefois, les chefs d’œuvre dévoilés
au Musée Maillol proviennent de collections particulières et de grands musées
étrangers, et ont donc, pour certains, jamais été exposés, tout du moins en
France.
Venise,
Venise, Venise, les 46 tableaux, dessins et croquis exposées, ont pour thème
exclusivement la Sérénissime. Autant vous dire que vous allez en bouffer de la
gondole…Célibataires s’abstenir ;)
Et même
lors de ses séjours à Londres, c’est toujours Venise que Canaletto a en tête.
L’énorme
production et le succès de Canaletto s’expliquent en partie par la mode à cette
époque du XVIIIème siècle du « Grand Tour ». A la manière des bus de
touristes japonais qui enchaînent les capitales européennes en quelques jours,
les jeunes gens des hautes classes sociales européennes, essentiellement
britanniques, visitaient la France, les Pays-Bas, mais surtout l’Italie. Et
Venise était un passage obligé, tout comme Rome, Naples et Florence. Mais
contrairement aux Japonais, ils prenaient plus leur temps pour ce voyage destiné
à parfaire leur éducation. Ces voyageurs chanceux étaient le plus souvent de
grands amateurs d’art, et donc autant rapporter un petit Canaletto, qu’une
carte postale ou une mini-gondole en bois avec son nom marqué dessus.
Ce
parcours chronologique est censé nous faire comprendre l’évolution du style de
Canaletto. Mais honnêtement, je n’ai pas réussi à l’appréhender. Là, c’est bien
plus que Paires et Séries, de Matisse, on a un peu l’impression de voir 25 fois
le même tableau, la même scène, mais d’un point de vue différent (vue du pont
du Rialto, d’amont, d’aval, du sud, du Nord…). Le parcours proposé était plutôt
spatial que temporel…
Cela ne
veut pas dire que je n’ai pas aimé. Au contraire, j’ai toujours été saisie et
conquise par la lumière et l’intensité des tableaux de Canaletto. J’apprécie les
effets de relief, voire de trompe-l’œil, l’aspect théâtral, ces petits
personnages (même s’ils n’ont pas ce côté piquant et divertissant des
personnages de Brueghel). J’aime aussi le travail très précis sur les détails
architecturaux, et pour cela, la présentation de carnets de croquis, aux traits
parfois tremblants, est très intéressante.
J’ai
également été surprise par la taille de certaines de ces œuvres, au moins 3
mètres sur 2 pour quelques unes, alors que je n’avais vu auparavant que des
œuvres au format plus standard (plus faciles à transporter pour nos touristes du XVIIIème). Autre grand intérêt : grâce à cette expo,
on conçoit mieux comment Canaletto travaillait. En gros, il se baladait en
barque (ou en gondole?) sur les canaux, avec ses carnets et ses instruments optiques. D’ailleurs, le
musée Maillol nous laisse tenter d’utiliser une chambre optique avec miroir et
lentille, a priori celle-là même qu’utilisait Canaletto. Et, si on n’a pas une
copine qui se plante juste devant, et bien, on arrive presque à comprendre
comment ça marche.
Je ne
sais pas encore si j’irais voir l’autre exposition au musée Jacquemart-André.
Qui m’emmène à Venise plutôt ?
La
Piazza San Marco avec la basilique et l'église San Gemignano, Museum of Fine Arts, Houston
L'escalier des Géants du Palazzo Ducale, 1755-1756, Collection of the Duke of Northumberland, Alnwick, Grande Bretagne
Le grand
Canal et le pont du Rialto vus du Sud, Palazzo Barberini, Galerie Nationale d'Art
antique à Rome
L'entrée du canal Grande et l'église de la Salute






c'est superbe, tu y étais quand ?
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