Non, je ne me suis pas
offert un aller-retour à Moscou, juste un petit tour de quatre heures dans le
cinéma à côté de chez moi.
En effet, ce dimanche, dans
une centaine de cinémas Pathé-Gaumont en France, était retransmis le ballet La
Bayadère depuis le théâtre Bolchoï de Moscou.
Le topo :
Lorsque la bayadère
Nikiya (une « danseuse du temple ») et Solor se
rencontrent, ils se jurent fidélité éternelle. Ils ignorent
que le Grand Brahmane, également
amoureux de Nikiya, les surprend et décide de se
venger. Il se précipite de révéler ce secret au Rajah qui a
destiné Solor à Gamzatti, sa fille bien-aimée...
«La Bayadère» est un ballet
en trois actes du chorégraphe Marius Petipa sur une musique de Léon Minkus.
L’œuvrea été présentée pour la première fois en 1877.
Elle se veut le reflet d’une Inde mystérieuse et de l'amour impossible
entre la danseuse sacrée Nikiya
et le guerrier Solor. Le troisième et dernier acte du
ballet, connu sous le nom du « Le Royaume des
Ombres », est l'un des extraits les plus célèbres dans
l’histoire du ballet classique.
Nikiya est interprétée par
la célèbre étoile du Bolchoï Svetlana Zakharova, Solor par Vladislav Lantratov
et Gamzatti par Maria Alexandrova.
Danseurs impressionnants
(surtout quand on n’y connait rien), décors grandioses, on ne voit pas le temps
passé. OK on ne retrouve pas l’ambiance de l’opéra, l’odeur et le bruit des
chaussons sur le parquet, mais tout de même la vue est imprenable. Et parfait
pour le spleen du dimanche après-midi.
L’article qui ne sert à pas grand chose,
vu que l’expo, qui se tenait à la Maison européenne de la photographie, est
désormais fermée.
L’exposition est
plutôt didactique, elle suit un parcours chronologique par décennies.
Le parcours
propose, à côté d’images marquantes, de découvrir des photographies moins
connues. Le vu et revu Baiser de Doisneau, YSL par Sieff, une pub Aubade, les
images de mai 1968 font face à des œuvres d’artistes (que je ne connaissais pas)
comme Izis, Gautrand, Batho, sans vraiment de logique. Quoi qu’il en soit, la
balade vaut le coup d’œil.
Izis, Jardin des Tuileries, 1950
Draeger, annonce presse pour Lu, 1954
William Klein, Evelyn + Gauloise, 1958
Sabine Weiss, la 2 CV, 1957
Raymond Cauchetier, à bout de souffle, 1959
Jeanloup Sieff, Hitchcock, 1962
Gilles Caron, mai 1968
Jean-Claude Gautrand, l’assassinat de Baltard, 1972
Il fallait réellement être
motivées pour aller voir cette expo, billets pris un mois et demi en avance, négo
de salaire repoussée, et la foule à braver… (Quoique je fus agréablement
surprise, car ce n’était pas la cohue à laquelle je m’attendais.)
L’expo s’ouvre sur les œuvres de jeunesse.
On suit ensuite un fil conducteur chronologique, mais les œuvres restent
regroupées selon le medium utilisé, les illustrations de magasines et de romans,
les gravures, les aquarelles de maison à Gloucester. Tout cela mis en parallèle
avec des artistes contemporains de Hopper.
Young woman in a
studio, 1901
Cunard sailor, 1907
On the rooftops, 1906 (illustration pour Victor
Hugo)
Night in el train, 1918
Night Shadows, 1921
Belle tower, 1924
House by the railroad, 1925
Charles Burchfield, promenade, 1927 (je ne sais pas
pourquoi, ca me fait penser à la Belle et le Clochard ?)
Ensuite, à l’étage, on rencontre
le “vrai” Hopper. Enfin, celui qu’on connait bien, le peintre de l’Amérique des
classes moyennes, de l’époque de Mad Men, celui des tableaux (trop) connus
comme Gas en 1940, Summertime en 1943, Nighthawks en 1942.
Si si, je suis sûre que vous les
connaissez…
Gas, 1940
Summertime, 1943
Nighthawks, 1942
Autant sur la première partie de
l’exposition, il y avait pas mal d’explications, autant le visiteur est un peu désœuvré
dans cette seconde partie.
Par exemple, au rez-de-chaussée, sur
les panneaux explicatifs, on pouvait lire les comparaisons entre certaines œuvres
de Hopper et des tableaux de peintres français des siècles précédents. Pourquoi
ne pas mettre ces explications dans les salles où sont exposées les œuvres ?
Rembrandt, Bethsabée au bain tenant la lettre de David, 1654 vs Hotel room, 1931
Rembrandt, Philosophe en méditation, 1632 vs Excursion into philosophy, 1959
Watteau, Gilles, 1717-1719
vs Two comedians, 1966
Courbet, Atelier du peintre, allégorie du réel, 1855 vs Soir bleu, 1914
L’expo est intéressante car c’est
toujours sympa de voir en vrai les œuvres qu’on a vu 15000 reproduites. On se
rend mieux compte de la lumière, de l’esseulement des personnages dans ces
tableaux de grand format.
Mais ca vaut doublement le coup
de se documenter avant d’aller la voir.
Sur le site du Grand Palais (même
via leur page facebook), il y a beaucoup d’articles qui permettent de mieux
comprendre les œuvres (j’aurai pu vous faire un copié-collé, mais je crois que
cela ne se fait pas…).
Ou même d’acheter les petits
catalogues à moins de 10 euros.
Car ce ne sont pas seulement de
belles peintures. Apparemment, il y avait une vraie réflexion du peintre (enfin
d’après les historiens de l’art).
Certains tableaux faisaient écho
à des événements d’actualité. Par exemple, Ground
Swell en 1939 n’est pas la simple représentation de pêcheurs essuyant une
houle mais évoque la déclaration de guerre en Europe.
On se rend compte également
comment l’artiste a inspiré de nombreux cinéastes de Alfred Hitchcock à David Lynch
(qui a rencontré Hopper pendant ses études), et comment de nombreuses œuvres ont
été détournées.
Hitchcock, Hypnose
David Lynch, Blue Velvet
Gregory Crewdson,
Untitled
Voici mes tableaux préférés,
souvent ceux qui représente des architectures :