Oui, 2013,
car je suis très, très en retard….
L’ange du
bizarre. Le Romantisme noir de Goya à Max Ernst à Orsay
Je commence
par celle qui m’a le plus marquée et pour laquelle, j’ai sélectionné le plus
d’œuvres.
Comme
l’indique son titre, le musée d'Orsay proposait de découvrir les multiples
déclinaisons du romantisme noir, de Goya et Füssli jusqu'à Max Ernst et aux
films expressionnistes des années 1920.
Ci-dessous,
le texte présentant l’expo, car j’écrirais pas aussi bien et c’est déjà loin.
Dans les années 1930,
l'écrivain et historien d'art italien Mario Praz (1896-1982) a mis en valeur
pour la première fois le versant noir du romantisme, désignant ainsi un vaste
pan de la création artistique qui, à partir des années 1760-1770, exploite la
part d'ombre, d'excès et d'irrationnel qui se dissimule derrière l'apparent
triomphe des lumières de la Raison.
Cet univers se construit à
la fin du XVIIIe siècle en Angleterre dans les romans gothiques, littérature
qui séduit le public par son goût du mystère et du macabre. Les arts plastiques
emboîtent rapidement le pas : les univers terribles ou grotesques de nombreux
peintres, graveurs et sculpteurs de toute l'Europe rivalisent avec ceux des
écrivains : Goya et Géricault nous confrontent aux atrocités absurdes des
guerres et naufrages de leur temps, Füssli et Delacroix donnent corps aux
spectres, sorcières et démons de Milton, Shakespeare et Goethe, tandis que C.D.
Friedrich et Carl Blechen projettent le public dans des paysages énigmatiques
et funèbres, à l'image de sa destinée.
A partir des années 1880,
constatant la vanité et l'ambiguïté de la notion de progrès, maints artistes
reprennent l'héritage du romantisme noir en se tournant vers l'occulte, en
ranimant les mythes et en exploitant les découvertes sur le rêve, pour
confronter l'homme à ses terreurs et à ses contradictions : la sauvagerie et la
perversité cachée en tout être humain, le risque de dégénérescence collective,
l'étrangeté angoissante du quotidien révélée par les contes fantastiques de Poe
ou de Barbey d'Aurévilly. En pleine seconde révolution industrielle
ressurgissent ainsi les hordes de sorcières, squelettes ricanants, démons
informes, Satans lubriques, magiciennes fatales… qui traduisent un
désenchantement provocant et festif envers le présent.
Lorsqu'au
lendemain de la Première guerre mondiale, les surréalistes font de
l'inconscient, du rêve et de l'ivresse les fondements de la création
artistique, ils parachèvent le triomphe de l'imaginaire sur le principe de
réalité, et ainsi, l'esprit même du romantisme noir. Au même moment, le cinéma
s'empare de Frankenstein, de Faust et des autres chefs-d'oeuvre du romantisme
noir qui s'installe définitivement dans l'imaginaire collectif.
En revanche,
je me suis un peu plus foulée pour retrouver quelques reproductions d’œuvres
sur le web.
Johann Heinrich Füssli, la folie de Kate, 1806-07
Ary Scheffer, Léonore,
les morts vont vite, 1830
Paul Delaroche, la
femme de l’artiste sur son lit de mort, Louise Vernet, 1845
Ary Scheffer, Les
ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta apparaissent à Dante et à
Virgile, 1835
Franz Ludwig Catel, Moines
à la chartreuse de San Giacomo à Capri, 1827-1830
Théodore Géricault, Scène
de déluge, 1818-1820
Carl Blechen, Route de campagne en hiver au clair de lune,
après 1829
Caspar David Friedrich, Rivage
avec la lune cachée par des nuages, 1836
Karl Friedrich Lessing, Paysage
montagneux, ruines dans une gorge, 1830
Charles-François Jeandel, Femme nue suspendue, cyanotype, vers 1890-1900
Gustave Moreau,
Sirènes, 1882
Franz von Stuck, le
Baiser du Sphinx, 1895
Carlos Schwabe, La
Mort et le fossoyeur, 1895
Gustave Moreau, Galatée,
1880
Julien-Adolphe Duvocelle, Crâne aux yeux exorbités, 1904
Degouve de Nuncques,
la maison rose, 1892
Charles Lacoste, la
main de l’ombre, 1896















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